Les Premiers Ceps

La période romaine à Bonvillars, Onnens, Champagne et Fiez

pressoirCe sont les romains qui ont appris aux autochtones comment cultiver la vigne, cette mauvaise herbe rampante qui nous intéresse tant aujourd’hui. On préfère le vin à la bière de ce côté de la Sarine depuis cette période. Notre région ne fait pas exception, au contraire.

Ils construisirent des villae constituées d’une pars urbana pour le maître des lieux à laquelle était rattachée une pars rustica dévolue aux travaux agricoles, viticoles et à l’élevage.

La région concernée par l’appellation Bonvillars est richement dotée de ce genre d’établissement puisqu’on en trouve à Corcelles, à Bonvillars, à Champagne et à Fiez.

 

Le 15 février 885 à Champagne, Grandson, Fiez, Corcelles, à Concise, à Bonvillars.

La première mention de la vigne, dans notre région, se trouve dans un texte du Cartulaire du Chapitre de Notre-Dame de Lausanne. L’original est déposé à la Bibliothèque de la Bourgeoise de Berne dont voici le texte intégral.

« Au nom de la Sainte et Indivisible Trinité, CHARLES, par la clémence divine, Empereur Auguste, nous voulons qu’il soit notoire à tous les fidèles présents et futurs que nous avons cédé en propriété perpétuelle à un vassal de notre fidèle et cher marquis RODOLPHE, nommé Voldegisus, certaines parties de notre propriété, dans le Comté de Vaud, savoir:

Champagne (paroisse de St.-Maurice), Grandson; Fiez (Fiaco); Corcelles (paroisse de Concise); Clingerio, Clendi; Spelterias, Suchy (paroisse d’Ependes); à Grava et Gravato, une chapelle et six manses de soixante jugères, avec tout ce qui appartient de droit à la dite chapelle et aux dits manses, en édifices, serfs des deux sexes, terres, terrains, vignes, champs, prés, pâtures, forêts, eaux et courants d’eaux, entrées et sorties, chemins et sentiers.

Nous ordonnons que cet acte, émanant de notre pouvoir, soit écrit en telle forme, afin que le prédit Voldegisus ait dans la suite la jouissance libre et paisible des prédites choses, avec le droit de les posséder, de les donner, de les vendre, et d’en faire ce qui lui plaira, ainsi que la justice permet à tout homme de disposer de sa propriété.

Et afin de donner plus de poids à cet acte de notre autorité, nous l’avons corroboré par notre signature, et avons ordonné que notre sceau y soit apposé.

Donné le 15 des Calendes de mars, cinquième année du règne de CHARLES, comme empereur en Italie, et la troisième de son règne comme roi de France. Indiction III. (Année 885.) »

 

Le 2 mai 1365 à Bonvillars

Il faut attendre le XIVème siècle pour retrouver le document suivant encore conservé à Bonvillars où  : « le 2 mai 1365, Mermetus Mennier de Bonvillars doit à la confrérie du Saint-Esprit dudit lieu une cense de quatre pots de vin à la mesure du lieu, gagée sur sa propre vigne.

 

Le 24 mars 1657 à Champagne

Le troisième document le plus ancien concerne Champagne où le 24 mars 1657:

« Pierre, fils de feu François Tharin, de St.-Maurice (quartier de Champagne) vend à Bartholomé de Romerstahl un morcel de vigne rière St.-Maurice, sis en Es Costes, jouxte la vigne de Jacques Hugonin, pour le prix de 105 florins.

Il y a au moins deux vignes. Celle de Jacques Hugonin, qui jouxte celle de Pierre Tharin. Notons que 450 ans après, plusieurs descendants de ce vigneron figurent encore au nombre des propriétaires de vignes à Champagne.

Puisque la vente de cette vigne a eu lieu en 1657, elle a été plantée avant cette date. Comme pour celle qui la jouxte. Quand ? Mystère !

A partir de cette période, les sources d’informations sont légions. Voici un petit florilège très subjectif.

 

31 janvier 1798

Durant la Révolution vaudoise, Concise nomme son comité de surveillance et avertit Grandson qu’elle ne dispose et ne cultive pas de céréales en suffisance pour les besoins de la population. Elle annonce qu’elle monte une garde rigoureuse et que personne n’émigre.

« …Concise a l’honneur de déclarer au Comité de Grandson, qu’il est notoire à eux, comme à nos autres voisins, que notre territoire, étant très circonscrit, et en majeure partie couvert de vignes, nous ne récoltons pas au delà du tiers des grains indispensables à l’entretien de nos ménages… »

 

1825

C’est la Municipalité de Bonvillars qui fixe le prix du vin « car chaque commune a le droit de taxer les denrées de premières nécessité. »

 

30 mars 1951

La soeur et deux nièces du curé de Bionaz, val d’Aoste, s’offrent comme effeuilleuses à Bonvillars. Pour 15 ouvriers, elles recevront fr. 250.-, seront nourries, logées, leur voyage sera payé.